
Ethiopie
Addis Abeba
Une capitale aux allures européennes !
















Sur la route de Woldia...
Pour tailler la route jusqu'à...












Pause Café
LaLibela




De vieilles églises gravées dans la roche au 12 ème siècle...












Pour être dans l'ambiance !



Bahir Dar
Pour voir
Les chutes du Nil Bleu
Le Lac Tana




![]() Le lion souche |
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La belle ville de Gondar
son Chateau Fasil Ghebi, une de ses églises, Debre Birhan Selassi sans oublier les Bains de Fasilada













Le parc Siemen
Une beauté à l'état pur (à 3000m d'altitude)
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Café impromptu chez l'habitant
En chemin vers Aksoum...




Les Vestiges de la ville d'Aksoum
(IV siècle avant JC)















et les gens tout nu !

Les tombeaux
Le champ de stèles
Les copains du jour
Le Village et les bains de la Reine
Les Eglises autour de
Megab




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![]() | ![]() La fameuse église ! |
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Église Abuna Abraham
Chacun son rocher !



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![]() L'église est là haut |
![]() Il faut grimper |
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![]() Cherchez l'erreur |
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Église Abuna Yemata Guh
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![]() Pourquoi si haut ? | ![]() |
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![]() | ![]() Micro Porte |
Église Maryam Korkor
Toujours plus d'... et un peu de ...
Déphasés par cette nuit torride de secousses, il est temps de faire notre visa au poste frontalier ! Simple n’est pas le mot, “tordu” est plus à propos ! Ce n’était jamais le bon endroit: “Attendez ici ! Ah non, en fait, par là…” Le pompon, c’est que nous sommes sommés d’aller à une banque, avec un petit papier, pour payer notre visa avant de rejoindre la frontière, pour que notre passeport soit en bon et du forme… J’oublie d’expliquer que la dite banque se trouve à 2 km du poste frontalier… Perte de temps monumental alors que nous sommes claqués ! Au bout de deux heures, nous obtenons notre précieux !
Les premières impressions sur le pays:
Les pays limitrophes, bien que voisins, nous font réaliser que l’Éthiopie sera à des années lumières du Kenya. Une immense allée bitumée avec, de part et d'autre, des chemins de terres qui semblent ne jamais s’arrêter. Les sollicitations sont extrêmement nombreuses que ce soit pour nous saluer ou pour requérir un peu d’argent. Nous sommes les seuls touristes dans la ville, alors, nous sommes vite repérés.
Impossible de mettre la main sur un distributeur de billets qui fonctionne ! Nous sommes de nouveau à sec !! Nous changeons amèrement les quelques dollars dans nos poches initialement prévus pour l'achat de nos futurs visas.
Prêts à partir ? Pas vraiment, nous sommes plus que vaccinés des bus ! Celui dans lequel nous nous apprêtons à grimper sera long (“comme d’habitude” dirait Claude) et le départ, matinal: 4h !
Nous roulons à vive allure sur le côté droit de la route (ah notre train-train français) !
Les tensions dans le pays entre les ethnies ne favorisent pas sa découverte. Il peut s’agir d’attaque de convois. Du coup, nous sommes à l’écoute des locaux qui nous disent où aller, ou non… Chacun sa version, tous se contredisent et dans tout ça, nous sommes un peu largués… (Nous aviserons au compte goutte !)
Voilà pourquoi toutes les deux heures, nous (tout le monde) sortons du bus, passons à une fouille clairement approximative pendant que les militaires cherchent on ne sait trop quoi dans le véhicule et les soutes… Qu’il pleuve des torrents, que ce soit la nuit noire, ou qu’il y ait de la boue au sol, on ne bronche pas, on se résigne et on s’exécute…
L’intérêt semble désuet vue comment la mission s’opère. La population reste néanmoins coopérative. Sommes nous rassurés pour autant ? Je l’ignore !
L’entrée dans Addis Abeba nous laisse pantois… Quelle est cette capitale aux allures européennes dans laquelle de nombreux grattes-ciel fleurissent avec d’immenses avenues sur lesquelles les voitures peu nombreuses circulent sur plusieurs voies… Les grands sommets des pays d’Afrique se déroulent souvent ici, sans doute un début de réponse…
Ooh n’allez pas croire pour autant que c'est une belle ville mais elle est, et restera aux antipodes des cités traversées jusque-là ! (Pour dire, il y a même un métro !) Notre logement, bien qu’un peu cracra, est une aubaine (6€ la nuit !) ! Les petites mains de l'hôtel sont véritablement adorables jusqu'à porter nos bagages et nous proposer des cafés (ils savent comment me parler) !
Les visites prévues se sont réduites au fur et à mesure de notre marche. Par exemple, en apprenant par un homme qui nous a abordé, que le musée national était fermé (et mince ! Nous voulions voir la dépouille de Lucy !). Puis, à l’entrée de la cathédrale Saint George, une grande cérémonie avait lieu en l’honneur de l’édifice, lui-même en rénovation ! Nous nous contentons du musée de la terreur, période compliquée pour les Éthiopiens, gouvernés après un putsch par l’armée aux influences communistes. Le massacre de la population s’élève à ½ millions et les descriptions des différentes tortures utilisées donnent froid dans le dos ! Pour se changer les idées, nous nous sommes rendus à l’ancienne Gare française reliant la ville de Djibouti et d’Addis Abeba qui abrite aujourd'hui un café et quel café ! (Parenthèse, d’une manière générale, la boisson caféinée fait fureur ici et, autant dire, que nous avons fait un caféthon) Dernière halte à la cathédrale de la Trinité, assez imposante avant de (reprendre un café ? Comme dirait Oldelaf) nous lancer dans une aventure complexe et un peu riche en rebondissements…
Une histoire d’heure
Un brin de contexte: Les Éthiopiens parlent un anglais très approximatif. Ils écrivent en amharique et, même si souvent sur les panneaux il y a la traduction anglaise, cela ne facilite pas la tâche.
Comme en Tanzanie, les heures sont revisitées. Lorsqu’il est 6h du matin, pour eux, c’est l’heure 0.
Nous devions nous procurer des tickets pour Woldia (une ville intermédiaire avant notre point de chute). Le vendeur nous dit que le bus part à 4 heure de l’après midi… Une fois rentrés, nous constatons que sur la facture, la date écrite est le 24 août 2017 et l'heure de départ 10h… WHAT ??? Si nous décollons à 10h, heure de chez eux, est-ce du soir ou du matin ? Mais du coup, pour nous, 4h du matin ou 16h ? Est-ce notre heure ou la leur ?
Nous peinons à faire comprendre à la réception de notre hôtel qu’il faudrait contacter l’agence de bus pour avoir confirmation… Et finalement, c’est 4h du matin mais il faut y être à 3h. Nous connaissons les bougres et nous nous rendons au point de rendez-vous à 3h30..
Bonne nouvelle, c’était bien ça, nous partons à 5h (à quoi bon être en avance…). Cela ne nous empêchera pas d’arriver à 17h à Woldia (500 bornes…, un régal !)... Nous le sentons, ces histoires d’horaire causeront forcément des déboires…
La différence entre ville et campagne est assez vertigineuse; particulièrement après le passage par la capitale. Les routes sont, par endroit catastrophiques et les habitations, souvent construites de bric et de broc, tiennent difficilement debout. Un amas de poussière est laissé par notre bus qui virevoltent sur les têtes des pauvres enfants qui demandent de quoi manger en courant après… Les dromadaires n’ont pas remplacé le bétail habituel mais s’ajoutent aux innombrables troupeaux ! Malgré la végétation, nous sentons que nous arrivons dans une région, certes montagneuse et pourtant, bien plus désertique… Dans la roche se dissimulent les géladas: espèce de singes endémiques de l'Éthiopie. À cheval entre des monstres effrayants et des grosses peluches !
Interlude: Une des spécialités culinaires du pays, c’est l’Injera…
Ce pain fin a l’apparence d’une galette bretonne. Préparé avec du teff, il s’agit d’une céréale qui se cultive, et, une fois la pâte faite, on la laisse fermenter trois jours avant de la cuire au four dans un plat en terre cuite. Sur cette crêpe, on dispose plusieurs ragoûts de viande et/ou de légumes… Le fait de laisser fermenter la pâte (sans doute) laisse un goût acidulé bien écoeurant… Difficile de faire l’impasse sur ce met que je n'apprécie guère… Nicolas semble mieux gérer la chose (sans doute ces origines bretonnes) et je lui laisse carte blanche pour terminer les “crêpes”.
“On va, on va… tailler la route,[...] jusqu'à Lalibela”. Une chanson qui devient prophétie pour rejoindre les églises cachées d’un village bien lointain (vous l’aurez compris avec l’enchaînement des bus pris dernièrement…). Il en manque d’ailleurs un dernier au compteur, seulement 100 km sur des petites routes de montagnes, au fin fond du trou du cul du monde..
Espérons qu’on y passe pas la journée ! Après s’être renseignés, et avoir obtenu des horaires contradictoires, nous sommes presque persuadés qu'il y a un départ aux alentours de 8h (et pas deux heures du matin ?). Bonne pioche, le car est presque plein quand on arrive (nous sommes partis à 9h) ! Nous avons réussi l’exploit de faire presque mieux que Madagascar (le record était de 6h de route pour 90 km) ! Là, l’arrivée est à 14h30 ( soit 5h30 pour 100 bornes) avec le rituel des checks point de militaires (qui sont toujours aussi nombreux et ressemblent de moins en moins à quelque chose…).
Anecdote du bus: Souvent, nous demandons le prix du trajet à un passager (en amont) pour ne pas se faire trop avoir. Une dame nous annonce que c’est 400 birr (environ 2€50) chacun… Le mec du bus nous tend un ticket (dix minutes plus tard), et, sur chaque, il est écrit 1000 birr.. On rigole; on dit que non, nous ne paierons pas ça… Il nous fait signe qu’ils vont devoir faire demi-tour pour nous ramener au point de départ… Aucun problème, je réitère, nous ne paierons pas ce prix là ! Étrangement, le bus continue sa trajectoire et quand 2h plus tard, il nous fait signe de payer, il accepte les 800 birr sans moufter… Cela fait sourire les passagers, nous aussi, mais intérieurement. Oui, nous savons rester humble ! L’homme au ticket tentera de nouveau de nous extorquer quelques sous pour (je cite): “descendre nos sacs du toit”... Il faut savoir rester calme et déterminé. Résultat: nous avons récupéré nos affaires sans rien payer ! Nah !
“Oh la belle vie, sans [transport], sans soucis, sans problème ! ” Grande inspiration !
La désillusion de Lalibela
Brume épaisse le matin, pas étonnant, nous sommes à 2600m d’altitude… Nous retardons notre visite de quelques heures en espérant un rayon de soleil ! Comme il se pointe vers 11h, nous descendons nonchalamment vers l'office pour acheter les tickets… Ils ne prennent pas la carte !!!! Une bonne blague car le prix de l’entrée s’élève à 100$ par personne ! Nous n’avons pas cette somme sur nous… Soit, nous allons faire le tour des banques… Comme de bien entendu, aucune ne fonctionne, soit: plus d’argent dans les distributeurs, soit: les guichets sont fermés (nous sommes le jour du seigneur). Les enfants du village se joignent à notre quête en nous prenant la main, et, en testant leur anglais (ils prennent aussi un peu la tête), dont un, qui nous suivra tout le long de notre périple à crier à tout va et à tout le monde: “ Ils n’ont pas de cash !” Une idée ? Oui, allez demander aux hôtels si nous pouvons leur payer une somme par carte bleue et eux nous donnent du liquide… Chou blanc !
Les heures passent, il est presque impossible de débuter la visite (déjà 15h) lorsqu’une lueur d’espoir s’invite dans nos réflexions…
Nous prenons un tuk-tuk pour remonter au village (nous avons fait quelques bornes pour tenter de parvenir à nos fins), et le chauffeur nous dit qu’à l’entrée du site, il est possible de transférer de l’argent par internet… Ni une, ni deux on fonce ! Le réceptionniste nous donne les numéros pour effectuer la transaction (pourquoi ne l’ont-ils pas fait depuis le début ??????). Évidemment, il n’y a pas internet… Nous repartons plus loin pour tenter la manip dans un hôtel qui a le wifi…. Les voies du seigneur sont toujours impénétrables ? Ça marche !!!!
Retour au point de départ… Un peu de patience… Nous avons les billets ! Il est 16h, le site ferme à 17h… Ça va être compliqué…
Nous sortons à la hâte, quand, tout à coup, vous le croirez ou non, il se met à pleuvoir ! Un peu forcés, nous allons rester une journée de plus !
Minute culture: L'Éthiopie est l’un des premiers pays à devenir chrétien (qui l’eût cru !), au IV siècle sous le règne du roi Aksoum. Celui-ci laissa place à la dynastie Zagwe, dont l'un des rois, Lalibela, décida de déplacer la capitale au sud au XII siècle et la nomma en son nom… Ce roi eut dans sa jeunesse la vision d’une cité sainte dans un rêve. Ill voulut édifier une nouvelle Jérusalem, Lalibela !
En 24 ans (ou en une nuit avec l’aide des anges…), 11 églises furent creusées à même la roche. L’idée étant de les camoufler des ennemis pour éviter des attaques ou de potentielles destructions. Ces églises monolithiques ont été reliées par des tunnels maquillés par des tapis, des reliques ou des peintures bibliques.
Le réveil sonne aux aurores. Une messe est donnée en l'honneur de la naissance de Jésus et, en ce lieu saint, l’occasion semble propice… Dans le clair obscur, nous pénétrons au cœur de ces pierres vieilles de 1000 ans, avec des hommes et des femmes, drapés de blanc qui prient et entonnent des chants ! Émouvant et envoûtant ? Pas tant que ça lorsque l’on entend des téléphones sonner (il y a même un mec qui a répondu. Nous ignorions ce qu’il a dit, mais, nous pouvons l’imaginer : “Je suis à la messe…”), une femme donner des coups de bâton à son fils un peu trop bruyant dans l’église (sympa…) et: vu la femme sur son téléphone en train de scroller…
Nous resterons le temps d’une micro messe, car, avant de visiter pleinement ce temple sacré, il nous faut un bon petit déjeuner !
Cette fois-ci, c’est la bonne ! Accompagnés de notre guide Joseph, 12 ans, qui s’est en fait incrusté, nous sillonnons les tunnels pour pénétrer dans chacun des édifices religieux ! Admettons le, le travail pour l’époque est remarquable et, au milieu de ces montagnes, les églises se fondent très bien dans le décor (si on omet les quelques structures métalliques pour protéger de l’érosion !)... Voilà, Lalibela c’est fait !
Un bus interminable plus tard… Nous voici à Bahir Dar ! Ici, les militaires sont partout car les tensions ne sont pas très loin… Nous nous renseignons si nous pouvons accéder à la cascade du Nil bleu qui se situe en terrain hostile… La réponse est sans appel : “Oui, aucun risque !”
La petite marche qui conduit aux chutes n’est pas désagréable malgré la chaleur, nous sommes accompagnés par des ânes, traversons le petit pont portugais pour finalement admirer de bien jolies cascades qui poursuivent leur trajectoire sous forme de gorge… Petit pique nique dans ce cadre idyllique avant de rejoindre la ville qui entoure le lac Tana… Sur ce dernier, il était indiqué qu’il fallait prendre un bateau pour visiter des monastères…Après quelques recherches, nous avons convenu que le jeu n’en valait pas la chandelle alors nous avons opté pour une petite balade le long des quais…
Avant de reprendre notre millième bus, un mec (qui vend des tours et qui avait tenté de nous appâter (sans succès)), nous annonce que la veille (sur le trajet que nous nous apprêtons à faire), un minivan a été arrêté par un groupe d'hommes armés et qu’ils avaient volés tous les objets de valeur… Nous aimons partir sereinement !!! Dans la station de bus, tout paraît normal et personne ne nous parle de l’incident alors on se lance… Ce fut un trajet habituel : long, pénible, 50 000 arrêts pour rien, des checks point de militaires… la routine quoi ! Ils ont un peu abusé lorsqu’après avoir payé nos billets, ils nous ont demandé quasiment la même somme en plus pour prendre nos sacs (nous avons négocié la moitié du prix, soit 1€), puis, le mec qui a chargé nos effets sur le minibus nous a redemandé de l'argent: Trop c’est trop ! Il n’a rien eu !
Tout ça pour la célèbre ville de Gondar, qui fut pendant longtemps (de 1632 à 1855), la capitale du pays.
La cité fut fondée par l'empereur Fasiladas. Il commença par ériger une enceinte fortifiée avec un immense château, Fasil Ghebi. Les successeurs ont poursuivi les constructions, faisant grandir les palais, les embellissant, chacun ajoutant sa pierre à l'édifice. Un peu plus loin, le “mont de la lumière de la Trinité” siège en haut d’une colline. Une église appelée Debra Berhan Sélassié a été achevée en 1694. Les impressionnantes peintures qui la recouvrent datent quant à elle du début du 19ᵉ siècle. Des anges par centaines planent au plafond et regardent dans toutes les directions pour symboliser l'omniprésence de Dieu.
Pour clôturer les visites, direction les bains de Fasilada, qui étaient destinés aux exploits nautiques du roi, ou pour de nombreux baptêmes et aussi pour certaines cérémonies religieuses. Le bâtiment des thermes se reflète dans le bassin d'eau, quand il y en a (car, nous n'avons pas eu cette chance ! Nous sommes passés en saison sèche !) sensé offrir un spectacle bucolique a-t-on lu… Le charme des lieux opérait avec ses énormes racines prisonnières des pierres qui entourent le bassin…
Ce mail s’est un peu allongé, je le conçois… Comme il ne reste qu’environ un mois de voyage, il s’agit sans doute de l'avant-dernier… Je vous laisse profiter malgré tout des petits ponts de mai, et s’il vous reste une heure ou deux à tuer, je vous offre un peu de lecture…
ካሚል et ኒኮላስ (on progresse en amharique!!!)
Chers lecteurs dévoués,
Trois pays en trois ou en un mail (j’annonce la couleur, il sera long !)
L'Éthiopie est le seul pays qui a le mérite de nous offrir des prix auxquels nous nous attendions en Afrique ! Comme quoi, entre attentes et déconvenues, il y a un grand pas ! Cette affirmation exclut certaines sorties comme vous allez le découvrir par la suite…
Il est de retour, pour nous jouer un mauvais tour ! Le petit Nicolas est d’une humeur massacrante. Nous venons d'arriver aux portes du parc Siemen dont la renommée ne se fait plus (ou presque). Pourtant, un logement dans nos prix, nous l’avons. Soit, il n’y a pas d’eau mais en a-t-on réellement besoin ?
J’invite donc grincheux à trouver malgré tout où nous pourrions prendre une douche. Il faut le dire, après une journée randonnée, c’est pas mal de se laver un peu…
Les renseignements sur l’accès au parc sont minces et peu encourageants… Un genre de mafia organisée et improvisée s’est emparée des lieux pour faire payer plein pot et surtout dans l’optique (quitte à me répéter): de marcher !
D’ailleurs, le bureau touristique est fermé. Un homme siège devant, il prétend être guide. Nous savons qu’il n’est pas obligatoire d’en avoir un, seulement un scoot. Alors, quand je dis scoot, je ne parle pas du mec qui fait du feu avec une brindille et qui a un nœud autour du cou… Non, il s’agit d’un mec armé !
L’individu nous fait comprendre que si nous ne prenons pas un tour avec lui, il n'appellera personne de l’office pour que l’on puisse acheter nos entrées… Malin le lynx, il réussit à agacer davantage mon acolyte qui contient sa colère…Coincés, je médite à comment parvenir à nos fins, alors que mon coéquipier cherche déjà à quitter les lieux (et donc, ne pas se rendre dans le Siemen). Inutile de vous rappeler ma pugnacité…
Nous ne trouvons pas de logements qui combinent: dans nos prix et avec de l’eau. Nous mettons la main sur un hôtel un peu cher qui accepte de nous vendre une douche ! Deal !
Et c’est là que nous faisons la connaissance de Bogue. Comment le décrire ? Un homme qui dit “pour être honnête” toutes les trois secondes et qui parle beaucoup trop ! Lui aussi est guide, cela va de soi, et après maintes négociations, nous arrivons à 100$ la journée à deux ! (Car il faut une voiture pour aller dans le parc + l’entrée de ce dernier + le scoot armé jusqu'aux dents + un guide ???? Pas le choix !) Pour vous montrer que nous maîtrisons l’art du marchandage, le prix de base était de 340$ ! Le rendez-vous est fixé à 7h30 le lendemain matin, devant notre logement sans eau…
Oui, Bogue était là ! Mais pas la voiture, pas le scoot… Rien ! Il est au téléphone en train d’hurler on ne sait trop quoi; sans doute : “ Pour être honnête…. Bla bla bla…” Grand sourire lorsqu’il nous aperçoit ! La voiture aura un peu de retard mais on peut prendre un petit déjeuner ? Euuuh… déjà fait… Un café ? Euuuh déjà pris… Là, c'est moi qui m’agace un tantinet : “Mr Bogue, quand on nous donne rendez-vous à 7h30 pour partir, c’est que nous sommes prêts à 7h30”.
Sauvez par le Gong, le scoot et notre guide arrivent à pied. Bogue ajoute qu’il ne sera pas de la partie, mais devinez qui nous accompagnera ? Le mec de la veille, croisé à l’office avec qui ça ne s’était pas très bien passé !!!
Bogue repart dans ces logorrhées: “La voiture a un petit problème, c’est l’essence…blabla… elle sera là pour 8h30…blabla… je vous paie le café…” Vous imaginez bien qu’aucun véhicule n’est en approche à 8h45… Nous sommes ainsi trimballés au marché, à boire une boisson traditionnelle, le tej… Bogue ne cesse de se confondre en excuse, il nous remboursera une partie, mais ne nous donnera jamais (pas faute de demander), la cause réelle du retard… 10h30, notre quatre roues se pointe enfin. Tout le beau petit monde grimpe dedans sauf Bogue qui dit : “Pour être honnête, je suis désolé ! Maintenant, profitez de votre journée ! Ça va être super !”
Notre programme s’est donc écourté… Au lieu de faire un aller retour, nous ne ferons que le retour ! Soit ! Nous apprenons que notre bolide pour se rendre au parc, ne sera pas le même pour rentrer (ça pue… non ?). 11h, nous sommes déposés non loin de là cascade Jin Bahir. Et là, à 3000m d’altitude, avec ce paysage montagneux (forcément) devant nous, nous oublions presque tout, tellement la vue est spectaculaire ! En fait, toute la randonnée est magique ! Il fait beau, les géladas (les singes endémiques de l’Éthiopie) se montrent au loin, et même le guide ne semble pas nous tenir rigueur de l’altercation de la veille….
Patatra… À 15h, la pluie fait signe qu’elle veut se joindre à la fête ! (Merci de nous avoir fait commencer la marche avec trois heures de retard !!!!!) Le guide n’a pas d’eau (le scoot non plus… nous avons fini par leur en donner). Le guide n’a pas de k-way (le scoot non plus). Ce dernier nous dit que pour nous mettre à l'abri (il se moque un peu du monde), il suggère de rejoindre un petit hameau.
Nous voilà, “invités” dans une cahute… C’est la première fois que nous pénétrons dans ces “maisons” de fortune. Rien au sol, de la terre. Une famille (assez nombreuse) ou chaque membre est assis sur des “tabourets” autour d’un feu central… Quelques tasses de café, une grand-mère qui file en arrière plan, des enfants débraillés et… des chevaux dont un petit poulain, qui sont abrités dans une “pièce” voisine … On nous offre du pain (fait-maison… hein pas de la boulangerie du coin) et du café… La scène est étonnante et nous sommes bien gênés d’entrer dans leur intimité si précaire… Au bout d’un certain temps, la pluie se calme. Le guide propose d’appeler la voiture (il reste 4 km sur les 20 prévus), car le chemin doit être trop gadoueux… Nous acceptons la proposition, faute de choix ! Seulement, le guide n’a pas de réseau, il faut donc marcher un peu… Une fois au téléphone, nous assistons de nouveau à une engueulade… Ça ne sent pas très bon pour la voiture… Et en effet, nous avons dû poursuivre la marche pendant deux kilomètres avec des pluies par intermittence, en suivant bêtement le guide, sans trop savoir ce que nous faisions… Trempés, fatigués, cette excursion a été marquée par une sacrée ambivalence !
Nous nous étions renseignés sur les horaires de bus du lendemain. Le départ serait à 4h du matin pour gagner, non pas l’endroit escompté mais une ville étape (nous sommes surpris car seulement 280 km nous en séparent). Comme l’information avait été confirmée par Bogue, nous avons préféré obtenir un troisième avis auprès du gérant de l'hôtel qui nous avait permis de prendre une douche. Ce dernier nous propose un autre bus à 1h30 directement pour Aksoum … Voilà, parfait !
Et ce qui devait arriver arriva. Prêts à attendre le bus, sur le perron de l’hôtel comme indiqué, nous ne croisons que des chiens errants ! Vers 2h10, nos doutes se confirment… 1h30… heure éthiopienne ???
Que faire ? Attendre le mini-bus de 4h à la station ou redéranger notre hôtel pour nous recoucher et prendre celui de 7h30 (de notre heure à nous…) proposé par le gérant… Nous optons pour la solution n°2. Nous toquons, gênés de réveiller de nouveau le standardiste…
Allez, c’est l’heure, nous retournons sur le perron. Cette fois-ci, le gérant est là, et nous annonce que le bus aura un peu de retard (sans blague). Une bonne occasion de reprendre un café… Une heure plus tard (avec des demandes successives… ), le gars de l’hôtel nous dit que le tuk-tuk est là… Quoi ? Oui, le tuk-tuk est là pour nous conduire jusqu'au mini-bus. D'ailleurs, il précise que le transport ne va pas directement à Aksoum, on s'arrête à la ville étape…
Je récapitule, nous avons attendu depuis 7h30 pensant partir pour Aksoum. Finalement, il est 8h30, et il faudra changer de transport… (pourquoi nous n’avons pas pris celui de 4h ??) Le tuk-tuk nous conduit à 500m de là où nous sommes. Nous sommes vraiment énervés, payer la course alors que nous aurions pû marcher… et ? Il faut attendre le bus ? Bien entendu…
Encore une heure d’attente au bord de la route…
Le carrosse arrive enfin et nous annonce un prix exorbitant ! Autant dire que nous étions à deux doigts de la crise de nerf. Nous refusons de payer la somme et nous sortons de l’engin ! Deux minutes plus tard, un autre van se pointe avec une offre raisonnable !
Bon gré mal gré, nous saisissons cette opportunité, qui, en l’état des choses reste la seule solution envisageable. Le soir, nous atteignons Aksoum et obtenons un peu de répit avant un nouveau déplacement !
Petit constat: Comme si tout le monde ne vivait pas dans le même pays… Que ce soit les belles bâtisses de la ville de Gondar, ou la capitale flambant neuve d’Addis Abeba, le reste de l’Éthiopie est comme qui dirait, laissée à l’abandon. Le fossé se creuse drastiquement lorsque l’on plonge en pleine campagne ou dans les villes moins touristiques…
Le saviez vous : Le royaume Aksoumite fait partie des plus grands empires commerciaux d'Afrique. Il connut une période particulièrement prospère vers le IVe siècle avant J.C. C’est là, entre autres, que l’Égypte se fournissait en ivoire. Malheureusement, Aksoum perdit sa place de number one (comme dirait Willy Densey) avec les Arabes qui exploitaient eux-aussi les routes maritimes vers l'Inde afin d’approvisionner l'Afrique Orientale en ivoire et en or.
Reste de cette époque glorieuse, des stèles en nombre ; et même si certaines se sont effondrées ou, que d’autres s’identifient à la tour de Pise, une majorité reste fière et droite, gravée de portes et de fenêtres. Les tombeaux des rois ne sont pas en reste et témoignent de l’importance du royaume en ces temps lointains. Sans omettre les bains de la reine qui sont gigantesques, bien qu’aujourd'hui utilisés pour la baignade, la douche ou la lessive… Voilà ce que nous avons découvert en ces lieux avant de poursuivre vers la visite d’églises toujours plus étonnantes !
Je ne vais pas relater notre trajet, surtout qu’il nous a fallu deux jours pour accéder au village d’Hawzen (seulement 160 km… toujours aussi chaotique !) Je mentionne tout de même que nous avons passé une partie de notre trajet avec un flic armé et “son détenu” menotté ! Nous n’en revenions pas ! Quelle curieuse façon de faire voyager ces prisonniers !
Après tous ces déboires, nous avons franchi les portes de la région du Tigray au cœur du massif du Gheralta et le moins que l’on puisse dire, c’est que le jeu en valait la chandelle ! Cette chaîne montagneuse en plus d’offrir des panoramas à couper le souffle, renferme des églises orthodoxes nichés aux sommets ! Il faut s’accrocher pour atteindre ces monuments troglodytes car l’ascension sous la chaleur écrasante n’aide pas, les chemins escarpés où le vide se fait rapidement sentir et même une partie d’escalade pour accentuer les sensations fortes ! Sur deux jours, nous avons monté et descendu des monts, trouver des crânes dans des trous de roche, certains enfants nous ont balancé des cailloux (c’est courant ici, mais c’était notre première fois, toute toute première fois !), nous avons vu quelques animaux (damans, écureuils terrestre surtout et un serpent !)...


































































